Sauvetage canin : RSCQK9 à la rescousse !
Pour Recherche et sauvetage canin Québec, le
chien est beaucoup plus qu’un animal de compagnie. Le chien de sauvetage est un
compagnon fidèle dont l’utilité devient inestimable en situation de sauvetage
et de recherche. Toutousmagazine.com vous entraîne ce mois-ci dans l’univers du
sauvetage canin.
par
Josée-Ann Moisan
photos Benoit Pelosse
En 2005, Michel Massouty adopte Elliott, un
bébé berger allemand avec qui il tisse rapidement des liens de confiance.
Dressé pour l’obéissance, le chiot démontre des capacités qui poussent le
maître à reconnaître que toutou est doué, et à se demander jusqu’où son talent
pourrait le mener. C’est ainsi que le propriétaire de motel s’inscrit à un club
de sauvetage, et crée avec des compatriotes son propre club, RSCQK9, en 2007.
Aujourd’hui, le club est partenaire du Ministère de la sécurité publique et a
pour but de porter assistance pour des recherches de personnes disparues ou
ensevelies aux autorités nationales ou étrangères qui en font
la
demande. Il apporte aussi du support aux familles de victimes
qui souhaitent poursuivre les investigations, en formant des chercheurs et des
chiens. Bien qu’ils ne citent pas de cas précis, par souci de confidentialité
et de respect auprès des familles, les maîtres-chiens de RSCQK9 et leurs chiens
ont sillonné toutes les régions de la province pour porter assistance. C’est un
peu plus de
45 000
kilomètres au cours des 24 derniers mois, du
Bas-Saint-Laurent au Nouveau-Brunswick en passant par les Laurentides.

Denis et adèle
Sauvetage canin : une nécessité
«Notre pays accuse du retard par rapport aux
autres en termes de formation en sauvetage canin, dit d’emblée Michel Massouty,
représentant et membre fondateur du Club. C’est une totale inconscience !
Un jour, nous pourrions être victimes d’un séisme de plaques tectoniques ou
encore de l’affaissement d’un centre commercial et nous aurons besoin de chiens
formés et préparés pour trouver 400, 500 personnes sous des décombres.»
Il cite en comparaison le drame d’Haïti de
janvier 2010 qui a poussé les membres du Club à se demander si eux-mêmes et
leurs chiens étaient prêts à réagir s’ils étaient sollicités. «Cette
catastrophe nous a fait prendre conscience que nous n’étions pas prêts
techniquement, physiquement et mentalement. Même au niveau canadien, nous
ne sommes pas bien munis pour chercher dans les décombres. » L’équipe de
maîtres-chiens s’est retroussé les manches et a trouvé un ONG français, COSI
(Comité de Secours Internationaux), pour faire la formation des équipes et des chiens.
COSI, dont la tête dirigeante est un commandant pompier, a à son actif quelque
90 interventions réelles de secours sur terrain. Cette expérience crédible a
permis à COSI d’offrir une solide formation aux équipiers du Québec.
Aujourd’hui, RSCQK9 est en mesure et s’active à former les chiens pour la
recherche en décombres. Son but ? Compléter la formation de 3 ou 4
maîtres-chiens québécois afin de pouvoir effectuer des missions de secours
humanitaires, un sorte de section satellite de COSI, tout en étant un organisme
non-gouvernemental distinct.
Tout un entraînement
La formation d’un chien en sauvetage canin
débute en bas âge. La sélection du chiot se fait lorsqu’il atteint quatre mois.
À l’âge de 18 mois, il est entraîné à la recherche, puis sa formation se
poursuit lorsqu’il atteint l’âge de quatre ans. À noter que les entraînements
sont nécessaires autant pour le chien que pour les maîtres-chiens, qui devront
faire face ensemble à toutes les situations, tous les terrains et tous les
climats.
Michel Massouty et son berger allemand
Elliott, aujourd’hui âgé de cinq ans, participent à des entraînements
sporadiques avec les autres bergers allemands, labradors et bergers australiens
membres du Club. «Pour nous c’est le maintien de notre forme physique et un
moment privilégié avec notre compagnon. Mais les gens sont médusés lorsqu’ils
assistent aux entraînements ! On ne croirait pas tout ce que l’animal peut
accomplir.»
La différence principale entre une formation
en sauvetage et l’agilité canine réside notamment dans l’absence de la notion
de vitesse et l’entraînement en nature. Et comme pour le dressage d’un chien de
compagnie, c’est la motivation à l’effort qui permet aux maîtres-chiens
d’amener le chien de sauvetage à effectuer les actions qu’ils demandent. Vous
pourrez trouver plus d’informations sur les techniques de dressage sur le site
internet de RSCQK9 : www.rscqk9.com
Un chien formé en sauvetage canin prendra sa
retraite vers l’âge de dix ou onze ans. Son travail est plus sporadique qu’un
chien-guide par exemple, mais il sera toutefois opposé à des conditions de
travail complexes et ardues (aléas du climat, odeurs, effort intensif). Selon
Michel Massouty, le secret du talent d’un chien réside d’une part dans son
comportement, mais surtout dans l’effort et la pratique. «Les chiens sont
doués, mais l’entraînement nécessite beaucoup de temps. Les montants déboursés
pour l’entraînement du chien sont aussi chers, mais c’est une passion, une
passion qui peut servir à quelqu'un !»
Former un chien de secours pour un travail
de terrain humanitaire est une tâche ardue. Le chien de sauvetage doit être
résistant à la chaleur, être prêt à travailler intensivement de longues heures
et avoir une bonne endurance cardiovasculaire. «Nous avons les installations
techniques qui recréent l’environnement d’un tremblement de terre, mais sans la
température ou l’odeur de cadavre qu’on retrouvait, par exemple, en Haïti en
janvier dernier. Les chiens doivent être prêts à faire face à toutes les situations.»
Afin de réaliser ses formations, RSCK9 a
besoin de sous. Ne tirant aucun financement des deux paliers de gouvernement,
il sollicite la générosité du public afin de financer l’achat de matériel et la
location d’un local d’entreposage. «À l’international, lorsqu’une catastrophe
survient, nous devons être prêts à
partir d’urgence dans un délai de huit heures et avoir dix jours d’autonomie.»
C’est pourquoi les sept équipiers de RSCQK9, dont font notamment parti un
soudeur, une enseignante, un pompier et une assistante-vétérinaire, sont aux
aguets et prêts à porter secours avec leur compagnon sur pattes à tout moment.
C’est une condition à leur collaboration au Club de sauvetage.
En plus des rencontres du Club, Michel
Massouty, accompagné de son fidèle compagnon Elliott, offre des ateliers dans
les écoles. Le programme «Pour survivre, reste près d’un arbre» a été dispensé
à 400 enfants de 6 à 12 ans au cours de la dernière année. «Nous voulons
former de futurs adultes consciencieux. Nous expliquons aux jeunes comment ne
pas se perdre en forêt, quoi faire s’ils se perdent, et nous leur faisons
apprivoiser les chiens. Si l’un d’eux se retrouve un jour perdu en forêt, il
n’hésitera pas à aller vers le chien de recherche. C’est aussi l’occasion pour
nous de démystifier l’approche d’un chien étranger, c'est-à-dire d’apprendre
aux enfants à demander aux maîtres des chiens qu’ils rencontrent s’ils peuvent
les cajoler. Ils deviennent aussi capables d’analyser le comportement des
chiens qu’ils rencontrent, qu’ils soient peureux ou agressifs, en regardant les
oreilles, la queue et le poil.»

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Saviez-vous
que ?Le
programme «Pour survivre, reste près d’un arbre» a été créé à San Diego
en
Californie en mars 1981 ? |
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Les
toutous spécialisés en sauvetage canin ont un système cardiovasculaire
très
performant ?
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SCQK9 a
deux sites d’entraînement sur obstacles, à Saint-Louis de France et
Yamachiche ? |
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Chaque
maître-chien
doit s’assurer d’avoir son équipement personnel prêt en tout temps pour
porter
secours : |
appareils
électriques chargés et
chargeurs
stock de
batteries pour le GPS et
chargeur
trousse de
premiers soins remplie
nourriture pour
lui et l’animal pour
48 à 72 heures en fonction de la
destination
l’eau en
stock suffisant |
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vérification de
son véhicule et le
plein de gazoline |
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